L’oiseau d’Amérique ou le plongeon dans la délisquence de l’humanité

Après une longue parenthèse, prenons la plume. Si le rythme de publication reste quelque peu anarchique, je tâcherai de prendre le clavier plus souvent.

Aujourd’hui, je souhaitais vous parler d’une oeuvre dystopique qui m’a profondément touché : L’oiseau d’Amérique de W. Tevis.

En effet, vous avez pu le voir ici ou là sur le blog, la dystopie est un genre que j’affectionne tout particulièrement. Néanmoins, ce champ de la littérature laisse souvent un goût amer puisque les oeuvres qui y sont rattachées offrent une vision pessimiste ou amère de la réalité, et finissent généralement mal. Après tout, la dystopie se veut une leçon/une réflexion pour l’époque dans laquelle s’inscrit l’auteur, face notamment à certaines évolutions/dérives de celle-ci.

Une fois n’est pas coutume, L’oiseau d’Amérique apporte une belle fin. Sans tomber évidemment dans le happy end totalement déplacé. 

Mais, sans vous dévoiler la chute, un petit passage obligé vers l’histoire. 

« Dans un futur proche, l’humanité s’éteint doucement, abreuvée de tranquillisants prescrits en masse par les robots qu’elle a elle-même programmés à cette fin. Le monde repose désormais sur les épaules de Robert Spofforth, l’androïde le plus perfectionné jamais conçu, qui possède des facultés inouïes… sauf, à son grand regret, celle de se suicider. »

En effet, les précédentes versions de cet androïde créé pour prendre en charge l’humanité avaient toutes fini par mettre fin à leur jour. Est-ce l’ampleur (l’impossibilité ?) de la tâche – la gestion de l’humanité – ou l’état de déliquescence de l’humanité qui conduit les premiers androïdes à systématiquement renoncer et se tuer ?

C’est donc une énième version de l’androïde, version évoluée puisque la faculté du suicide lui a été enlevée. Toutefois, lassé par sa mission, il va chercher à s’en débarrasser coûte que coûte.

En parallèle de cette quête de l’androïde, on suit les cheminements de 2 personnages, un homme et une femme, qui permettent d’illustrer là encore la place primordiale de la femme dans la dystopie (voir La femme dans la dystopie) puisque c’est cette dernière qui sera à l’origine des bouleversements intérieurs de l’homme et de l’androïde. Quant à l’homme, il aura à affronter un parcours initiatique à travers le vaste monde, un monde laissé à l’abandon par les hommes, et que les machines abîmées ne gèrent plus vraiment. Un monde en plein dysfonctionnement et qui se meurt à petit feu dans l’indifférence générale.

Bref, une oeuvre marquante, à la conquête de notre humanité perdue

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