Le temps du départ : un moment clé à ne pas manquer

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(Le Greco)

Il court. Il court. Jamais il ne s’arrête. Impossible à rattraper. Il nous échappe à chaque fois. On ne peut le maîtriser.

Qui est ce ? Le temps évidemment.

Le retour au cinéma des Visiteurs dans un troisième épisode (qui se souvient que ce film a même existé ?) et la répétition d’un énième projet d’un Indiana Jones V interpellent forcément. Si le premier fut le bide annoncé, le second peut encore espérer quelque chose. Néanmoins, au vu du précédent opus, il y a de quoi être particulièrement inquiet.

Ces contributions au cinéma s’inscrivent dans un contexte chargé avec les Bronzés III et les Trois frères le Retour. Qui n’a pas été traumatisé par ces suites de trop qui non seulement n’arrivaient pas à atteindre leurs augustes aînés, mais en plus arrivaient à insulter copieusement (de par leur médiocre qualité) les films dont ils étaient tirés ?

On pourrait évidemment revenir aussi sur la volonté de faire de nouveaux films Star Wars. Ou d’aller toujours plus loin dans l’univers étendu d’Harry Potter. Comme autant d’incapacités de leurs auteurs respectifs de tirer un trait sur le monde qu’ils ont su créer.

Ces tentatives de retour s’inscrivent dans un contexte plus large, où sportifs et hommes politiques ont de plus en plus de mal à partir, à faire leurs adieux à la scène et à rentrer chez eux heureux du travail accompli.

Côté politique, on n’épiloguera pas trop sur le vrai-faux départ de Nicolas Sarkozy, ainsi que les velléités de retour de François Hollande ou Ségolène Royal. Comme si la politique ne devait être qu’un éternel recommencement, qu’une lutte régulière entre les mêmes individus.

Mais, cette lubie est particulièrement partagée par le monde sportif. Alors que le monde du sport a pleuré récemment le basketteur américain Kobe Bryant, difficile de ne pas penser à son départ, étiré sur une année et devenue une tournée d’adieux, sacrifiant au passage son équipe.

Que dire sinon de tous ces footballeurs qui partent s’exiler contre menu(e)s  monnaies pour des « défis sportifs » exotiques ? Xavi, Ronaldhino et tant d’autres. Lorsqu’ils prennent leurs retraites sportives, tout le monde les a oubliés. C’est un déjà triste de voir partir des légendes de leur discipline. Mais, cette indifférence en raison de la distance et de l’oubli laissé par le temps renforce la peine de voir des joueurs être allés au bout du bout et partir dans le silence généralisé.

Ce mal de se penser indispensable, de se sentir encore capable, n’épargne personne. Combien de dinosaures de la vie politique sont ainsi balayés chaque année parce qu’incapable d’avoir anticipé quoique ce soit ? Leur départ sonne alors comme une évidence, leur fin comme une chute abyssale.

Or, l’accélération du temps que connaît notre époque rend ce besoin de renouvellement toujours plus prégnant. Ainsi, qui se souvient que Jacques Chirac était président il y a seulement 13 ans. Cette décennie apparaît presque comme une éternité aujourd’hui.

Avoir une grande carrière (artistique, sportive ou politique) ne doit pas faire oublier que la fin d’une carrière rejaillit sur l’ensemble de l’oeuvre. Ainsi, des départs au sommet de leur gloire ennoblissent d’autant l’image que l’on se fait d’eux. On est contents que les Nuls n’aient jamais fait de La cité de la peur (2)

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