Full Metal Jacket : le film bipolaire de Stanley Kubrick

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Il est difficile, je trouve, de réaliser une appréciation du film Full Metal Jacket. En effet, cette oeuvre se décompose de deux parties qui présentent certes d’indéniables lignes communes, mais aussi d’importantes différences. Comment donc juger l’oeuvre dans son ensemble lorsqu’on a l’impression de regarder deux films successifs et aussi dissemblables ?

Le film se découpe ainsi en deux grandes parties : la première autour de la formation l’endoctrinement des futures recrues pour la guerre, la seconde autour de la découverte de la réalité de la guerre. La première se situe ainsi aux Etats-Unis, la seconde au Vietnam.

La première partie constitue indéniablement l’apport majeur du film. La préparation des nouvelles recrues offre une critique acerbe de la formation militaire, de ses règles, de sa hiérarchie. La critique vise particulièrement juste, en peignant avec brio la manipulation et les brimades que subissent les futurs soldats, les transformant peu à peu en chairs-à-canon obéissantes, en forces aveugles, créant presque des sociopathes. La fin de cette première partie montre avec cruauté où conduit le jusque-boutisme de l’armée et de ses règles.

La seconde partie souffre à l’inverse de sa comparaison avec ses glorieux aînés. En effet, l’enfer de la Guerre du Vietnam à travers le prisme du VIIe Art a déjà engendré son lot de chefs d’oeuvre. Ainsi, la fin des années 70 a été marqué par la sortie de deux films absolus sur la folie humaine dont les titres symbolisent à eux seuls la violence et la déperdition de l’humanité : Voyage au bout de l’enfer de Michel Cimino – trop méconnu – et Apocalypse Now de Francis Ford Coppola. De plus, l’année précédant la sortie du film de Stanley Kubrick voit une nouvelle oeuvre forte sur cette thématique : Platoon.  A cet égard, la partie qu’y consacre Stanley Kubrick souffre clairement de la comparaison avec les autres films. Elle arrive dix ans trop tard, sans avoir l’audace de ces prédécesseurs.

Cette différente d’appréciation se retrouve d’ailleurs dans la notoriété de ces deux parties. L’endoctrinement des recrues regorge de scènes cultes et a engendré un lot de parodies et reprises. Peu se souviennent à l’inverse de la seconde partie.

Un film à (re)voir


Sur le cinéma, voir la section consacrée au VIIe Art : Cinéma

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. princecranoir dit :

    A revoir assurément!
    Kubrick adapté le roman de Gustav Hansford the short-timers qui inspira ses prédécesseurs à l’écran. Mais ce qu’il apporte est davantage une vision stylisée, une vision quasi abstraite du conflit, très cinématographique. Son Vietnam tourné près de Londres vaut le New-York artificiel de Eyes Wide Shut, ou les fausses tranchées des Sentiers de la Gloire filmées près de Munich. Kubrick a toujours eu une approche très mentale de ses sujets. En cela Full Metal Jacket est une œuvre singulière et complémentaires aux autres sur le sujet.

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