Retour sur les premiers mois de …. Pascal Durand

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Comme indiqué, ce blog démarre une nouvelle série autour du début de la Législature 2019-2024 du Parlement européen. Cette série consacrée à nos élus européens vise à saisir leurs premières impressions (voir Retour sur les premiers mois de mandat des eurodéputé(e)s)

Septième volet de cette série, c’est au tour de Pascal Durand qui revient sur ses premiers mois comme eurodéputé. Actuellement membre du Groupe parlementaire Renew Europe (en France, LREM/Modem), il s’agit de son deuxième mandat comme eurodéputé.

Entretien avec Pascal Durand

 

1) Qu’est-ce qui vous a marqué le plus au cours de ces premiers mois ?

« Certainement le fait que la nouvelle Commission et le nouveau Parlement mettent autant de temps à se mettre au travail. Nous avons des défis majeurs à relever pour ce mandat, il s‘agit de commencer à travailler dès maintenant. »

2) Quels sont les événements le plus positif et le plus négatif que vous ayez vu/subi/rencontré ?

 « Par rapport à la précédente législature, je suis heureux de constater une prise de conscience transversale de l’urgence climatique au sein des groupes politiques, notamment le groupe Renew, traditionnellement plus modéré sur l’action régulatrice en matière d’environnement.

En parallèle, je suis alarmé de voir la montée des tensions et le retour en force d’idées liberticides en Europe et dans le monde. Je constate également une grande frilosité de la part de nos gouvernements européens à condamner avec la plus grande fermeté ces États. Cette faiblesse s’est notamment illustrée avec le processus de ratification de l’accord sur le Mercosur, malgré la destruction accélérée de l’Amazonie orchestrée par Bolsonaro, et avec l’approbation en cours de l’accord UE-Vietnam, malgré une aggravation des violations des droits de l’homme constatées dans ce pays. »

3) En six mois, avez-vous été sollicité par les autorités françaises (Ministères, Représentation permanente à Bruxelles, autres interlocuteurs, …) ? Trop ou pas assez selon vous ?

« Nous entretenons des relations de travail privilégiées mais qui ne préemptent pas les relations que j‘ai en tant que député européen avec d‘autres représentations nationales. »

4) En 6 mois, quel regard jetez-vous sur les lobbys ?

« Le parlementaire n’est pas toujours expert du sujet législatif qu’on lui pose sur la table : il a besoin de connaître les problèmes et les solutions que les groupes d’intérêt – qu’ils soient des ONG, des entreprises, des fédérations professionnelles etc. – souhaitent proposer. Ceci étant dit, au cours de mon précédent mandat, j’ai poussé pour une révision du règlement intérieur du Parlement Européen afin de garantir une plus grande transparence des interactions entre représentants des institutions européennes et lobbys. En janvier 2019, j’ai ainsi obtenu, avec l’aide d’autres députés, l’obligation pour les rapporteurs et les rapporteurs fictifs de textes législatifs de déclarer publiquement leurs rendez-vous avec des groupes d’intérêt. Cette transparence reste cependant lacunaire. Elle devrait s’élargir à tous les parlementaires, quel que soit leur niveau d’influence sur le sujet, et inclure également les collaborateurs des députés, qui sont souvent plus directement impliqués dans l’élaboration des textes législatifs que les députés eux-mêmes. Je travaille ainsi dans l’intergroupe sur l’anti-corruption du Parlement européen pour rendre obligatoires ces bonnes pratiques. »

5) Quelles sont vos attentes pour la mandature 2019-2024 ?

« Je pense qu’il est inutile de revenir en détails sur la dégradation dramatique de l’environnement et la lenteur avec laquelle les appareils politiques nationaux et internationaux s’emparent du problème. Au niveau européen, notre lenteur de réaction s’explique notamment par la possibilité, pour les États-Membres, de bloquer nombre de décisions pourtant cruciales pour l’avenir des citoyens. C’est pour cela que j’espère voir se redessiner le fonctionnement des institutions européennes au travers de la Conférence sur l’avenir de l’Europe, portée par Emmanuel Macron et reprise par la Présidente de la Commission Européenne Ursula Von der Leyen. Cette réforme de l’Europe ne pourra toutefois pas se faire sans associer les citoyens au cœur du processus. C’est pourquoi je défends depuis six mois l’idée d’intégrer au sein de cette grande conférence des agoras citoyennes, représentant au mieux la population européenne actuelle et dotées d’un pouvoir délibératif. »

6) Quel regard portez-vous sur le Brexit ?

« Un sentiment d’immense gâchis. Le Brexit va exposer le Royaume-Uni aux forces centripètes que son intégration à l’Union Européenne avait permis de calmer. J’espère toutefois que nous parviendrons à tirer les leçons qui s’imposent de cette triste séparation : la nécessité d’une plus grande cohérence dans l’implication communautaire des États-Membres et le besoin de poser les bases d’un nouvel avenir pour l’Europe. »


Pour mieux connaître Pascal Durand, je vous invite à ouvrir la page dédiée à l’eurodéputé par le Parlement européen : ici.

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