L’épidémie dans la littérature : La Peste d’Albert Camus

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A l’heure où la pandémie de coronavirus fait la Une de la presse et passe en boucle sur les chaînes d’info, a-t-on vraiment envie de passer le reste de notre temps libre à lire des histoires d’épidémie ?

Si la lassitude peut être grande de commencer un livre sur une énième épidémie, ces oeuvres sont parfois porteuses de messages forts ainsi que de réflexions intéressantes sur l’appréhension d’une catastrophe par nos sociétés.

Après avoir évoqué un ouvrage qui m’est cher, L’Aveuglement de José Saramago (voir L’épidémie dans la littérature : L’aveuglement de José Saramago), il est temps de parler du roman qui vient immédiatement en tête lorsqu’on parle d’épidémie dans la littérature : La Peste d’Albert Camus. Inutile, je pense, de présenter l’écrivain français, Prix Nobel de littérature et auteur d’oeuvres majuscules (La Chute, Les Justes ou L’homme révolté).

Il existe deux thèmes majeurs qui transcendent toute l’oeuvre d’Albert Camus : un humanisme viscéral et un appel fort à la révolte contre sa condition, les deux étant souvent liés. On le sait, la seconde guerre mondiale a particulièrement marqué l’auteur, sans le départir de sa confiance en l’humanité.

Dans ce roman, Albert Camus imagine une épidémie de peste à Oran, et s’intéresse aux réactions que cette catastrophe suscite chez les personnages. Au départ, ils se retrouvent dépassés par les événements « Incapables de prendre la moindre mesure collective sérieuse, recroquevillés sur leurs intérêts particuliers, serrant les fesses et fermant les yeux, tous espèrent échapper au gadin général qui frappe ». Ce n’est que peu à peu qu’ils parviennent à en prendre la mesure. « En devenant le devoir de chacun, elle apparut comme l’affaire de tous ».

Cette catastrophe et cette débâcle initiale n’est pas sans rappeler par effet de miroir la situation de la France face à l’Allemagne nazie. A la France occupée fait écho la ville assaillie par l’épidémie. Deux fléaux finalement pas si différents.

Dans un cas comme dans l’autre, face à la gravité de la situation, le travail collectif posera les premiers jalons d’une lutte efficace. Derrière le récit du narrateur (et de l’auteur), apparaît la volonté clairement soulignée de : « dire simplement ce qu’on apprend au milieu des fléaux, qu’il y a dans les hommes plus de choses à admirer que de choses à mépriser. »

Ce fléau, ici la peste, hier la guerre (et plus particulièrement l’Occupation de la France) ne suffit pas à briser les valeurs morales de certains Hommes. C’est d’eux qu’il faut s’inspirer et finalement espérer un certain salut. Les fondations d’un sursaut collectif.


Voir le premier volet de cette série : L’épidémie dans la littérature : L’aveuglement de José Saramago

Voir aussi Réflexions autour du Prix Nobel de littérature

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