Star Wars : l’heure de la normalisation ?

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Que l’on soit amateur de la saga de science-fiction ou non, difficile de passer à côté de la tempête médiatique qui s’abat à chaque nouveau chapitre, indépendamment d’ailleurs de sa qualité.

En effet, ce cycle de films a considérablement bouleversé l’économie du 7e art (phénomène des blockbusters estivaux, place des objets dérivés, marketing autour de la sortie, etc..).

Or, si Star Wars a servi de modèle de fonctionnement pour de nombreux films par la suite, peu d’entre eux sont arrivés à susciter une communauté de fans aussi importantes que celle de l’oeuvre de Georges Lucas.

Si d’autres œuvres ont su traverser les époques jusqu’à nos jours (Les dents de la mer, Alien, Blade Runner, etc…), aucune n’a une communauté aussi durable et active. Sans parler des disciples de la Force (une religion affichée aux Etats-Unis – récurrence dont l’importance invite à la considérer), la saga Star Wars est arrivée à préserver un attachement fort auprès de son public. Malgré les années et en dépit des excès de son créateur, de nombreux fans sont restés éperdument fidèles à ces films. On ne compte plus les témoignages d’affection envers une œuvre pourtant quarantenaire. Même des films plus récents et ayant largement trouvé leur public n’ont pas engendré de phénomène d’attachement similaire.

Même la pré-trilogie de 1999 à 2005 n’est pas arrivée à entamer durablement le capital d’amour de la trilogie originelle, celle de 1977 à 1983.

Néanmoins, il est probable que si la pré-trilogie n’avait pas considérablement modifié le rapport entre Star Wars et ses fans de la première heure, la nouvelle trilogie préfigure une redistribution des cartes.

D’une part, en faisant de cette saga un programme récurrent (à raison d’un film tous les ans, partagés entre une suite et un spin-off en alternance), Disney est en train de banaliser l’oeuvre, lui enlevant une bonne part de la sacralité qu’elle avait acquise auprès des fans. La rareté joue un rôle non-négligeable dans la détermination de ce qui est exceptionnel.

D’autre part, la réception des films actuellement distribués par Disney semble marquer une nouvelle étape dans l’appréciation de la saga Star Wars. A l’inverse de la prélogie (1999-2005) globalement détestée et souvent reniée par une partie des fans, les films actuels reçoivent plutôt de bonnes appréciations. En effet, sans être excellentes, ces œuvres sont de bonne facture, suffisant pour passer un bon moment de cinéma, insuffisant pour retomber dans la sacralité passée. Elles s’insèrent donc dans le canon classique de la Saga, au prix logiquement d’un abaissement de l’image des premiers films.

La prélogie avait ouvert la voie à une désacralisation de la Saga. Mais, c’est bien les films actuels qui auront définitivement banalisé l’oeuvre de Georges Lucas.

Pour aller plus loin, petite invitation à lire l’article écrit par mon frère – sans concertation entre nous : Comment Star Wars est devenu une saga comme les autres ?


Sur d’autres sagas cinématographiques, voir Rocky et Rambo : Sylvester Stallone derrière les clichés

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