Le Brexit en 10 commentaires

Tout au long de ce blog, le Brexit a montré par bien des aspects son caractère disruptif. Il était logique qu’il suscite de nombreuses réactions de la part des commentateurs et journalistes. Difficile notamment de ne pas faire le parallèle avec la blague qui traverse le film La Haine de Matthieu Kassovitz : Un homme chute d’un immeuble et se répète, à chaque étage, pour se rassurer : « Jusqu’ici, tout va bien… ».

Voici donc une sélection de 10 commentaires parmi les plus incisifs et/ou les pertinents – je me suis accordé deux commentaires personnels.

¤ «  C’est bien l’Union européenne, et non le Royaume-Uni qui reprend le contrôle » : le mot est de Georges Eaton. Et il résume parfaitement l’impression générale laissée par trois ans de négociations. Longtemps enfant gâté de l’Union européenne avec ses multiples exemptions, voilà le Royaume-Uni qui subit de nombreuses déconvenues (voir Un an après : le blue(s) du Brexit)

¤ « Avant, la Grande-Bretagne avait un pied dans l’Europe et un pied dehors, maintenant, cela va être l’inverse. » : on doit ce trait d’esprit à Jean-Louis Bourlanges, qui met en garde les Européens comme les Britanniques. Avec son futur statut, il convient de s’assurer que le Royaume-Uni ne se retrouve pas à une place quasi similaire.

¤ « Le Royaume-Uni depuis le 23 juin 2016 se retrouve dans le même état que le chat de Schrödinger : à la fois membre et non-membre de l’Union européenne. » : difficile en effet de ne pas considérer le Royaume-Uni dans ce double état certes opposé, mais aujourd’hui impossible à déchiffrer.

¤ Le Brexit consiste dans « l’art de réinventer le marché unique » : on doit cette jolie formule à Philippe Bernard, correspondant au Monde (voir l’article Brexit : l’Irlande sauvera-t-elle le Royaume-Uni ?). En effet, pour parvenir à l’équation apparemment insoluble que pose le départ du Royaume-Uni dans le cadre de la frontière irlandaise, il faut certainement jouer le marché unique. Drôle d’ironie ?

¤ S’appuyant sur une citation d’un autre économiste, Dorbusch,« une crise met beaucoup plus de temps à arriver qu’on ne le pense et se produit ensuite beaucoup plus vite qu’on ne l’aurait cru ». C’est aussi vrai pour le Brexit. » l’économiste Barry Eichengreen met en garde les Britanniques contre les difficultés économiques probables qui surviendraient en cas de Brexit « dur » dans sa tribune au journal Le Monde, Brexit : La revanche des experts,

¤ « Lorsque 27 renards et une poule discutent du repas, on sait déjà qui va finir dans la casserole » : cette comparaison culinaire est l’œuvre de The Evening Standard. Pas besoin de faire un dessin ?

¤ « L’Union européenne est cette personne dont le costume a été éclaboussé d’un peu de sang parce que son voisin vient de se tirer une balle dans le pied. Il n’est pourtant pas difficile de savoir qui souffre le plus. «  : comparaison là aussi imagée dans The Guardian

¤ « Le gouvernement actuel a confirmé qu’il quitterait l’Union douanière pour mettre en place un autre forme d’union douanière qui ne serait pas l’Union douanière mais qui aurait les mêmes effets que celle-ci » : voilà décrit de manière sibylline dans l’une des Newsletters hebdomadaires du journal The Guardian sur le Brexit la position britannique sur l’Union douanière (voir aussi L’après Brexit : l’accord commercial 2/2)

¤ « Il y a dans les rapports entre Theresa May, l’actuelle Premier ministre britannique et le Brexit quelque chose des liens entre le Capitaine Haddock et le sparadrap. Elle a beau tâcher de s’en défaire, il ne cesse de s’accrocher à elle. » : écrit en décembre 2016 après la première décision de la Haute Cour exigeant l’approbation du Parlement britannique, cette comparaison s’est avérée prémonitoire. Tout le mandat de Theresa May fut consacré à conclure un Brexit interminable. Elle est arrivée par le biais du Brexit et de la démission de David Cameron. Le Brexit a fini par la conduire à reproduire le geste de son prédécesseur.

¤ « la fermeture de la mère des Parlements [Westminster] par le père des mensonges [Boris Johnson] » : extrait issu de la plaidoirie d’Aidan O’Neill, avocat des plaignants contre la suspension du Parlement (voir Faire le Brexit sans le Parlement britannique : le pari de Boris Johnson, un déni démocratique ?).


Voir aussi
¤ Le Brexit en 10 dates
¤ Le Brexit en 10 regards
¤ Le Brexit en 10 phrases

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