Le Brexit en 10 phrases

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¤ « 350 millions de livres pour le NHS » : le NHS, véritable religion au Royaume-Uni, en proie continuelle à des difficultés budgétaires. Et voilà que les Brexiters promettaient de redonner à cette institution le solde du Royaume-Uni versé aujourd’hui à l’Union européenne. Qu’importe que le montant ne soit pas exact, le symbole était clair. Et tant pis, si à peine le vote fini, Nigel Farage annonça sans aucune gêne que cette promesse n’était pas tenable. Le pire ? Que le NHS a besoin de la main d’oeuvre d’origine européenne, médecins comme infirmiers (voir National Health Service : le grand corps malade du Brexit ?)

¤ « Brexit means Brexit » : Sûrement la tautologie la plus célèbre de tous les temps. Longtemps, Theresa May a anonné cette phrase dans tous ces discours. La plupart y ont vus un plaidoyer en faveur du hard Brexit. Plus rare ont été ceux à comprendre que ce mantra répété à longueur de temps cachait l’absence totale de réflexion sur la future relation que devaient avoir le Royaume-Uni et l’Union européenne (voir En avant pour le « flou » Brexit).

 ¤ « Global Britain » : l’Empire britannique 2.0. Libéré des chaînes européennes, le Royaume-Uni allait, d’après les partisans de cette doctrine, souquer vers le Grand Large. Ce projet teinté d’une bonne dose de nostalgie n’a pas résisté à la réalité d’un monde où le Royaume-Uni n’est plus la puissance d’antan et où les pays tiers – y compris ses anciennes colonies – sont bien plus intéressés à commercer avec l’UE qu’avec le Royaume-Uni (voir Brexit : la possibilité d’une île ?)

¤ « Pas d’accord vaut mieux qu’un mauvais accord » : preuve au départ d’une certaine arrogance côté britannique, Theresa May se faisait fort de ne pas accepter n’importe quel accord avec l’Union européenne. Il valait mieux selon elle un « no-deal » qu’un bad deal. Quelques mois plus tard, le discours a radicalement changé. Il faut dire que cette assertion n’a jamais convaincu les parlementaires ni les observateurs.

¤ « le Royaume-Uni travaille actuellement dur à prouver que nous pouvons recréer ce que nous avons déjà »: cette conclusion cruelle de Georges Orsborne, ancien ministre de l’Economie, est assez révélateur des ambivalences du Royaume-Uni qui cherche à reproduire au mieux le marché intérieur qui bénéficie tant à l’économie britannique (voir Brexit : que vive Busiris en Europe !).

¤ « le plus dur, ce n’est pas la séparation, c’est la construction d’une nouvelle relation après la séparation » : au sortir de plusieurs rounds de négociations, et alors que Britanniques et Européens se félicitaient d’avoir trouvé un accord (voir Brexit ou l’illusion du mouvement), Donald Tusk, plus prudent, soulignait les difficultés à venir. On était alors certes loin de se douter que l’accord trouvé allait connaître de nombreux aléas, la faute notamment à la question irlandaise. Il n’empêche que les propos de Donald Tusk méritent toute notre attention. Même si demain le Royaume-Uni ratifie l’accord de sortie, il reste encore à trouver un accord qui satisfasse Britanniques et Européens sur la relation future (voir L’après Brexit : l’accord commercial 2/2).

¤ « backstop  » : un seul mot, pas vraiment une phrase, mais un mot qui a pris toute son importance, tant le Royaume-Uni a semblé ignorer l’importance d’une frontière ou plutôt de l’absence d’une frontière entre deux parties de l’Irlande. Pour éviter justement que la frontière ne revoit le jour, les Européens ont souhaité mettre en place un filet de sécurité ou « backstop » (voir Question irlandaise et Brexit : la quadrature du cercle)

¤ « il ne peut y avoir d’accord général tant qu’il n’y a pas d’accord sur tout » : réponse du berger à la bergère. Les Européens refusent de donner un quelconque blanc-seing au Royaume-Uni et demandent à celui-ci d’accepter l’ensemble des volets de l’accord. Sinon, il n’y aura pas d’accord du tout. Le Royaume-Uni qui avait longtemps cherché à aborder les problèmes  un à un doit se ranger à un accord

¤ « on sait ce que le Parlement britannique ne veut pas, on ne sait pas ce qu’il veut » : cette phrase témoigne du dépit de Theresa May, juste après le premier rejet par la Chambre des Communes. Il faut dire que malgré des efforts considérables pour convaincre les parlementaires, le camouflet est sévère. Pourtant, et les votes futures au Parlement britannique, aucune solution ne parvient à faire consensus. La Chambre des communes est divisée comme rarement, division qui d’ailleurs transcende les courants politiques traditionnels (voir Brexit : un rejet logique, des incertitudes multiples).

¤ « La moitié d’une miche vaut mieux que pas de pain du tout » : cette phrase de Jacob Rees-Mogg est révélatrice de l’état de délitement du Parti conservateur, où certains élus pourtant d’ardents Brexiters en reviennent à accepter l’accord de Theresa May, en espérant sa démission. En attendant, le Brexit continue de repousser, faute d’accord (voir Un Parlement en opposition, un gouvernement en perdition : le Brexit en suspension).


Voir aussi :
¤ Le Brexit en 10 dates
¤ Le Brexit en 10 regards

Dernier état des lieux sur le Brexit : Démission de Theresa May: tout a une fin, sauf le Brexit

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