Démission de Theresa May: tout a une fin, sauf le Brexit

 

C’était dans l’air depuis quelques temps déjà. Une démission pour la forme, pour éviter d’etre renversé par son propre Parti. Les mauvaises langues diront que cette épée de Damocles datait des résultats catastrophiques des élections anticipées de 2017 (voir Brexit : l’inconséquence électorale).

Il est vrai que le parcours de Theresa May à Downing Street aura été semé d’embûches, prévisibles pour certaines, inattendues pour d’autres : absence de stratégie tout au long des négociations, flou artistique concernant la position britannique, élections anticipées désastreuses, rebuffades de Donald Trump et des pays du Commonwealth, inflexibilité et unité de l’Union européenne – une bonne chose, attention – et divisions internes.

Malgré ses erreurs répétées, on pourra mettre au compte de Theresa May une résilience peu commune. Jamais aucun Premier ministre britannique n’avait subi autant de démission. Un journal avait d’ailleurs raillé la situation, en demandant que le dernier à partir pense à éteindre la lumière. Rarement, en temps de paix, un Premier ministre aura affronté autant d’éléments contraires et subi autant de déconvenues. Des opposants partout, et notamment dans son propre Parti. Des rejets en cascade, y compris en mettant sa démission dans la balance (voir Un Parlement en opposition, un gouvernement en perdition : le Brexit en suspension).

La situation était devenue intenable à bien des égards. Le séisme du Brexit a fini par provoquer des secousses à l’intérieur même des partis (voir Brexit ou l’impossible unité ?). La vie politique britannique est à l’agonie, en témoigne l’effondrement des Tories et du Labour aux élections européennes et le retour triomphal de Nigel Farage.

Ces élections, véritable saut dans l’inconnu mal préparé, ont constitué certainement la goutte d’eau d’un vase bien rempli. Curieuse ironie d’ailleurs : Theresa May était apparue sur le devant de la scène avec le Brexit contre lequel elle s’était opposée à demi-mot. Elle s’en va avec des élections qu’elle a organisées à reculons. La lassitude a gagnétout le monde : des négociateurs Européens aux citoyens britanniques (voir Brexit : lassitude généralisée).

Si le Brexit fut assurément un long chemin de croix pour Theresa May, celle-ci chercha longtemps à s’accrocher à un navire qui prenait l’eau de toute part. Pour sauver ce qui peut l’être, son propre parti a décidé de changer de commandant. Pas sûr pourtant – à moins d’un changement radical de cap – que les choses évoluent réellement.


Voir aussi sur Theresa May :
¤ Brexit : May Day

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