Elections européennes 2019 : et maintenant ?

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[Premières analyses des résultats ici : Elections européennes 2019 : résultats et premières analyses – Participation en hausse et fragmentation du paysage politique]

La photographie des nouveaux élus du Parlement européen est désormais arrêtée. Hormis le Brexit qui pourrait modifier la donne – avec le départ des eurodéputés britanniques -, la composition de l’institution ne devrait plus être modifiée.

Néanmoins, après le temps des élections, vient le temps de la recomposition. En effet, à l’instar de la France post-élection présidentielle 2017, le paysage politique européen a été quelque peu modifié. Le bipartisme (Conversateurs/Socio-démocrates) n’est plus. Ces deux partis à eux deux n’atteignent plus une majorité des élus. La social-démocratie est en recul partout, et les quelques bons résultats en Espagne et au Portugal s’avèrent insuffisants pour prendre la première place au Parti populaire européen. Ce dernier, qui sauve sa tête d’extrême justesse, apparaît considérablement affaibli. Tous deux ont été fortement concurrencé par d’autres partis plus « radicaux » (les Verts à gauche, les populistes à droite).

Surtout, le groupe ALDE connaît une forte progression grâce notamment aux bons scores de La République En Marche en France et des Lib-Dem au Royaume-Uni, et se pose clairement en faiseur de rois. D’autant que les grandes manoeuvres ne font commencer et que certains partis traditionnellement affiliés à la droite ou à la gauche pourraient rejoindre ce groupe central. On évoque notamment le Parti démocrate en Italie. Mais, la cohésion du PPE va aussi être mise à l’épreuve, tant les tensions autour notamment de l’appartenance du Fidesz restent vives et pourraient provoquer un futur éclatement de ce parti, certains privilégiant un rapprochement avec le centre, d’autres avec les populistes.

En parallèle, si les populistes enregistrent une petite augmentation (+ 20 sièges), ils le doivent pour beaucoup à l’Italie et Matteo Salvini. La vague populiste reste au même niveau. La faute à l’Europe bien évidemment (voir Les populismes à l’épreuve de l’Europe). Surtout, en cas de Brexit effectif, le peloton des eurodéputés britanniques sous l’égide de Nigel Farage s’en iront, réduisant considérablement la progression.

Dans tous les cas, des pourparlers vont débuter entre les organisations pour tenter de mettre en place une coalition avec trois ou quatre partis. Reste à savoir quelle sera la répartition des postes à enjeux (objet d’un futur article).

Cette question est loin d’être négligeable alors que se profile la désignation du futur Président de la Commission européenne, ainsi que le renouvellement de la Commission dans son ensemble. Des tractations qui concerneront bien évidemment les Etats. Quid du système de Spitzenkandidaten aujourd’hui contesté ? (voir Elections européennes 2019 : la fin des Spitzenkandidaten). Assisterons-nous à une bataille entre le Conseil européen et le Parlement européen ? Ce serait fort dommage après des élections plutôt réussies.


Voir aussi :
¤ Populismes en Europe – objectif : élections européennes 2019 ?
¤ Le Parti populaire européen peut-il perdre les élections européennes 2019 ?
¤ Gauches européennes : le renouveau ou la disparition

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