Les Etats-Unis : l’heure du choix

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(Campagne de recrutement de l’armée – Musée de l’histoire allemande –  Berlin, Allemagne)

Avec les élections de mi-mandat aux Etats-Unis le 6 novembre 2018, l’heure est venue d’une petit billet consacré à l’éternel grand frère américain. En effet, même avec Donald Trump comme président, l’Union européenne n’arrive que difficilement à incarner une alternative. 

Qu’on le déplore ou qu’on s’en félicite, il faut rappeler que les Etats-Unis continuent de représenter l’archétype de l’Occident. Première puissance diplomatique et militaire, les Etats-Unis sont loin d’avoir entamé le chemin du déclin – pourtant tant de fois annoncé.

Pourtant, derrière ce maintien à la première place, les concurrents se rapprochent, que ce soit par leur poids économique (Union européenne, Chine) ou leurs avancées politiques (Russie, Inde).

Or, la stratégie diplomatique – à supposer qu’on puisse qualifier ainsi la politique actuellement menée par Donald Trump – tout azimut de l’actuel président déroute ses principaux alliés et agace les autres puissances. Il paraît de moins en moins improbable de voir se matérialiser une alliance de circonstances UE-Asie du Sud-Est autour de quelques grands principes, écartant de fait les Etats-Unis du cénacle mondial.

En remettant en cause l’ordre politco-économique mis en place au sortir de la 2e Guerre mondiale (promotion des valeurs libérales, aussi bien politique qu’économique), Donald Trump renvoie les Etats-Unis au début du XXe siècle. America First n’est pas sans évoquer l’« Amérique aux Américains » d’alors. On se souvient de ce qu’il advint. L’isolationnisme américain facilita les visées expansionnistes d’Adolf Hitler. Certes, les Etats-Unis n’avaient pas vocation – contrairement à une croyance répandue chez certains d’entre eux – à assurer éternellement le rôle de gendarme international ou à occidentaliser le monde. Mais, c’est peu dire que l’Europe a bénéficié, au sortir de la guerre, pour sa reconstruction du parapluie américain aussi bien financier que militaire.

Se réjouir seulement d’un recul américain sans réfléchir à la suite est dangereux. La nature a horreur du vide. Et il n’est pas dit que la ou les puissances qui combleront ce recul inspireront davantage confiance.

Au bout du compte, le choix des Américains en novembre 2018 aura encore une fois des répercussions sur le reste du monde.

PS : En raison de l’importance des Etats-Unis, une catégorie distincte qui regroupe l’intégralité des articles consacrés à ce pays leur est désormais dédiée.

1) Sur l’élection présidentielle de 2016 :

¤ Barack Obama : huit années pour quoi ? : le bilan mitigé des deux mandats de Barack Obama ;

¤ Trump : au nom des autres : les raisons de la victoire de Donald Trump ;

¤ La tentation du passé : la nostalgie de l’Empire chez les 3 grandes puissances que sont les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France ;

2) Sur la politique internationale américaine : 

¤ L’Organisation des Nations Unies, symbole de l’échec des Etats : l’échec de cette institution doit beaucoup aux vétos américain et russe ;

¤ La méthode Trump à l’épreuve : un examen de la politique internationale de Donald Trump ;

¤ Trump : une chance pour l’Europe ? : l’opportunité que constitue Donald Trump pour que l’UE s’affirme comme une puissance crédible et alternative ;

¤ Iran et Israël : Trump et la politique de la terre brûlée : tout est dans le titre. A lire avec Iran et Israël : l’Europe comme alternative américaine ? ;

3) Sur l’économie :

¤ Les Etats-Unis, apôtres du libre-échange ? : le libéralisme économique à géométrie variable des Etats-Unis ;

¤ TAFTA : chronique d’un échec attendu : les raisons de l’échec du TAFTA, le projet d’accord commercial entre l’Union européenne et les Etats-Unis ;

¤ Taxations commerciales de Donald Trump : une riposte de l’Union, de guerre lasse : la nécessaire réaction de l’Union européenne face aux menaces de tarifs douaniers de Donald Trump

4) Sur les oeuvres de fiction en lien avec l’Amérique :

¤ Donald Trump est-il un personnage de fiction ? : une comparaison troublante entre Donald Trump et un personnage de fonction ;

¤ House of cards, Baron Noir, Borgen et Veep : quatre déclinaison de la politique dans les séries : House of Cards et Veep, deux séries assez juste, malgré leurs angles très différents, du traitement de la politique américaine. A rapprocher de House of Cards et la politique de la peur

¤ The handmaid’s tale ou la chute de la démocratie : la place des femmes et la lente mort d’une démocratie, décrites de manière admirable ;

¤ Brain Dead ou le néant de la politique : une série qui annonçait la victoire de Donald Trump en 2016. Sans faits, la politique est défaite.

¤ Uchronie littéraire : Le complot contre l’Amérique : que se serait-il passé si Franklin D. Roosevelt n’avait pas été élu pour un 2e mandat ?

¤ Uchronie télévisée : The man in the high castle : que se serait-il passé si le Japon et l’Allemagne avaient gagné la 2e Guerre Mondiale ?

¤ Chien blanc, noirs desseins : plongée dans l’Amérique des années 50-60 entre ségrégation persistante et société de provocation, le tout raconté par Romain Gary

 

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