Boris Johnson : la représentation parfaite du Brexit

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(Caricature d’ @AGChabod)

 

Le trublion du Brexit. L’agitateur du Global Britain. L’épine dans le pied du Gouvernement de Theresa May s’en est donc allé lundi 16 juillet 2018. Cette démission est loin d’être surprenante, tant elle s’inscrit dans la stratégie chaotique du principal intéressé, tout en révélant les échecs de son positionnement.

En effet, on se souvient à quel point Boris Johnson avait incarné le Brexit. Mieux même que Nigel Farage qui pourtant portait cette idée depuis des années. Il faut dire que Boris Johnson partageait nombre de similitudes avec le Brexit : hybris démesuré, orgueil mal placé et coup d’éclat. Sauf, qu’à l’ivresse des grands soirs, succèdent généralement des lendemains douloureux.

Après la démission de David Cameron, contre toute attente et alors que le poste lui semblait promis, Boris Johnson renonçait au poste suprême (voir Qu’arrive-t-il au camp du Brexit ?). Ce n’était pas une soudaine forme d’humilité qui le fit reculer, ce fut au mieux une prise de conscience de son impréparation, au pire une fuite devant ses responsabilités. A cet égard, Boris Johnson avoua lui-même qu’il pensait que le Royaume-Uni voterait pour rester. Dès lors, il n’avait pas étudié sérieusement la question d’une sortie. Tout juste, sait-on qu’il imaginait son pays libéré des « chaînes » réglementaires de l’Union. Qu’importe, à cet égard, que les territoires s’étant tournés le plus vers le Brexit soient en attente de davantage de règles et de protection.

Cette impréparation britannique n’est certes pas de la seule responsabilité de Boris Johnson. Mais, il incarne mieux que tout autre cet état de fait. A part annoncer l’avènement hypothétique d’un « Global Britain », Boris Johnson n’a jamais su développer une quelconque stratégie (voir Brexit : la possibilité d’une île ?). Il occupait pourtant le poste de ministre d’affaires étrangères et aurait pu tisser des liens avec les nouveaux partenaires des Britanniques. Force est de constater qu’il aura passé davantage de temps à vitupérer contre l’Union européenne et à attiser les fractures des Conservateurs. On ne compte plus les déclarations tapageuses ou les discours agressifs, visant au choix la stratégie de sa Première Ministre ou l’attitude des Européens. Du point de vue de la solidarité gouvernementale, on repassera.

Au pathétique habituel du personnage s’est ajoutée récemment une nouvelle crise gouvernementale. Malgré l’orchestration mise en place par Theresa May (interdictions des téléphones et isolement des ministres), deux Brexiters ont quitté son Gouvernement.

Ce départ avec fracas de Boris Johnson est révélateur des erreurs de leadership de Theresa May. Pour avoir voulu faire sienne ce conseil du film Le Parrain II « Gardez vos amis près de vous, mais gardez vos ennemis encore plus près », Theresa May se retrouve considérablement affaiblie. N’est pas Michael Corleone qui veut. En attendant, Boris Johnson continuera de faire ce qu’il fait le mieux : être un élément de nuisance plutôt qu’une force de proposition.


Sur ce thème, voir Qu’arrive-t-il au camp du Brexit ? et Brexit ou l’impossible unité ?

 

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