Entre ici, Simone Veil

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(Cérémonie de panthéonisation – Paris, France)

Aujourd’hui, Simone Veil rejoint l’Eglise de la République, le caveau des grands Hommes.

Honneur amplement mérité pour celle qui fut, comme l’a si justement dit Jean d’Ormesson, la représentation vivante des combats de notre devise : « la liberté des Hommes, l’égalité des femmes et la fraternité des peuples »

Sans revenir sur la vie de Simone Veil – plutôt bien connue -, rendons lui quand même un petit hommage.

Cinquième femme à intégrer ce Temple de la France (après Sophie Berthelot, Marie Curie, Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Antonioz) mais première pour ses accomplissements politiques, Simone Veil incarne à bien des égards l’histoire tourmentée de notre pays au XXe siècle : de la déportation des Juifs à la construction européenne. Du déshonneur antisémite à l’idéal de paix.

L’histoire d’un pays est nécessairement plurielle, partagée entre des événements plus ou moins nobles. L’ensemble fait l’histoire d’un pays. Il faut savoir à la fois ne pas occulter le passé, en célébrer ses plus beaux moments et préparer l’avenir (voir Politique et mémoires : souvenirs partiaux et oublis partiels ?). De cet axiome, Simone Veil ne dériva point.

Plus que tout autre, un engagement européen l’accompagna toute sa vie. Premier présidente du Parlement européen nouvellement élu au suffrage universel, elle poursuivit ce combat en militant pleinement en 2005 pour le projet de Traité établissant une Constitution pour l’Europe. Comme le releva le Président de la République dans son discours, « elle était de ces générations qui voyaient l’Europe non comme un héritage non comme une contrainte, mais comme une conquête de chaque jour ».

Aujourd’hui, elle est devenue – non sans une certaine ironie – une femme consensuelle après avoir porté l’une des lois qui divisa le plus les parlementaires. On oublie trop souvent la violence que subit la jeune ministre, violence venue de son propre camp. Ce texte fut la dernière loi sociétale d’envergure portée par la droite (plus précisément, le centre droit), laissant ensuite à la gauche le monopole des avancées dans ce domaine.

Simone Veil est certainement l’avant-dernière politique à bénéficier de cette cérémonie. En effet, mis à part Robert Badinter, quel politique jouit aujourd’hui d’une telle image d’engagement humaniste, d’intégrité professionnelle et de promoteur de valeurs universelles ? C’est peut-être là une interrogation qui mériterait quelques réflexions.

 

Voir aussi Johnny Hallyday : à la recherche des grands Hommes

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