Mai 2018 : pas de Mai 68 bis en vue

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(Exposition d’inauguration – Centre Pompidou Metz – 2010)

Qu’on le déplore ou qu’on s’en félicite, force est de constater que Mai 2018 n’a pas eu lieu. En effet, malgré les exhortations des uns et les craintes des autres, Mai 2018 ne fera pas date dans le mouvement social.

Cette croyance en un Mai 68 2.0 n’est pas nouvelle. Tour à tour, ce nouveau Mai fut annoncé en 1995 comme en 2005. En 2008 déjà, certains avaient osé le parallèle.

Bien sûr, l’anniversaire et la contestation montante (étudiants d’abord, salariés ensuite) aida au rapprochement.

Mais,  2018 n’est pas 1968.

Beaucoup se fourvoient aujourd’hui sur la nature réelle de mai 1968.

Ce mouvement n’eut pas pour origine une contestation pour de nouveaux acquis, encore moins pour défendre l’existant. Il s’agissait au contraire de contester l’ordre établi par tous moyens, les ressorts internes de notre monde, les attentes de notre société de consommation. Cette révolte fut portée par la jeunesse. L’écrivain G. Bernanos disait ainsi « c’est la fièvre de la jeunesse qui permet de maintenir le monde à température normale ».

Mai 2018 consistait à l’inverse à défendre un système actuel (pour les étudiants), un statut (pour les salariés).

Drôle de symbole de toute façon que ce Mai 68. S’il se traduit par certaines avancées significatives, il échoua au niveau politique. Loin de tirer un quelconque bénéfice, la gauche sombra aux élections législatives, les Français se tournant massivement vers le parti de l’ordre.

2018 n’est pas 1968. Aurait-il pu en être vraiment autrement ? C’est oublier sinon, que le Grand Soir ne s’annonce pas et se décrète encore moins. Il arrive par la force des choses. Moins de 2 mois avant mai 1968, le journal Le Monde titrait ainsi : « la France s’ennuie ». A ce moment, les commentateurs étaient à mille lieues d’imaginer la possibilité d’un soulèvement. Evénement inattendu pour les contemporains, le Grand Soir devient avec le recul un instant inexorable. Il constitue nécessairement une rupture par rapport au passé, jamais une redite. Les Cassandre se font Candides, en pensant qu’il suffit de l’appeler pour qu’il survienne.

Comme le relevait Karl Marx, prophète de nombreuses révolutions, « un événement se produit toujours deux fois : la première comme tragédie, la seconde comme farce ». Les réformes de l’université et de la SNCF méritaient mieux que ce traitement.

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