Europe 2017 : une célébration en demi-teinte, une incapacité à préparer l’échéance de 2019

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(Bruxelles, Belgique)

Après avoir dressé un petit bilan de l’année électorale française de 2017 [voir Bilan des Elections 2017 : retour sur une campagne hors norme (1/2)], il est temps de se pencher sur un autre élément prépondérant de cette année 2017.

En effet, contexte électoral oblige, la question européenne a été âprement discutée. Ce débat ne fut pas propre à la France et a traversé de nombreux États européens. Faut-il le rappeler, 2017 fut une année civique chez nombre de partenaires : des Néerlandais et Autrichiens aux Italiens et Allemands (voir Tour d’horizon des Etats européens), en passant évidemment par les Britanniques.

Déjà, un double constat s’impose.

D’une part, les mouvements populistes ont partout eu le vent en poupe, obtenant souvent des scores historiques – pour ne pas dire triomphaux (voir Allemagne et Italie : Europe qui rit, Europe qui pleure ?, Autriche : à droite toute ?).

D’autre part, aucun des mouvements arrivés en tête n’a toutefois fait de l’Europe son principal angle d’attaque. Bien sûr, nombre de ces factions sont ouvertement eurosceptiques. Pour autant, ils ne s’aventurent pas à demander une sortie de l’Union européenne. Seul le Front national avait fait de cette question un axe central (voir Démission de Florian Philippot : la faute à l’Europe ?).

Sur ce point, force est de constater que les difficultés rencontrées par les Britanniques depuis le vote en faveur du Brexit n’inspirent pas à renouveler l’expérience (voir Les populismes à l’épreuve de l’Europe).

Justement, 2017 fut l’année où le Brexit fut officiellement notifié à l’Union européenne (voir 3…2…1… Brexit !). Presque une année après le référendum ! La faute à l’impréparation britannique et au principe même du référendum qui consiste à additionner des réponses dont le sens profond est radicalement profond. Pourtant, visiblement mal instruite de cette consultation, Theresa May plongea dans le grand bain électoral pour obtenir l’onction populaire. On fut plus proche de la noyade que du bain de jouvence (voir Brexit : l’inconséquence électorale).

Mais, 2017 fut aussi l’occasion d’une rétrospective sur le chemin parcouru. Au moment où le Royaume-Uni annonçait son départ, les Européens commémoraient l’anniversaire du Traite de Rome (voir Traité de Rome : sexagénaire Europe), oubliant d’ailleurs le dernier né (voir Traité de Lisbonne : quel bilan 10 ans après ?). Force est de constater que de ce moment fondateur, les Européens sont loin d’avoir tiré les leçons : construction sans les citoyens, virage trop économique, poids déterminant des Etats, …

Cette incapacité à examiner le passé et se projeter vers l’avenir se poursuit aujourd’hui. Nous sommes à un an des élections européennes, et aucune institution européenne ne semble prendre la mesure de cette échéance électorale, touchée par les affaires (Selmayr en tête) pour la Commission, perturbée par le jeu politique pour le Parlement européen et paralysée par les oppositions étatiques pour le Conseil.

Ces paralysies institutionnelles empêchent aussi les Européens de proposer une alternative crédible aux Etats-Unis sur la scène internationale. Il y a pourtant – plus que jamais – de la place pour une voix européenne indépendante (voir Trump : une chance pour l’Europe ?).


Sur cette question, voir :
– Elections européennes 2019 : l’heure d’un débat public ?
– Spitzenkandidaten : bal tragicomique à Bruxelles
– L’effacement de la Commission européenne : « et pourtant, elle tourne » !
– Elections européennes : 2019, c’est maintenant

Vous pouvez aussi retrouver la pièce de théâtre écrite en 2017 pour parler d’Europe, celle du présent comme celle de l’avenir, du Grexit aux réfugiés, des Etats membres aux citoyens (voir Unis dans l’adversité – Acte I).

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