Réalisateurs et filmographie : douceur et fadeur de la répétition

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(Colonnes de Buren, Place du Palais-Royal – Paris, 2017)

[Précision préalable : Ceci est évidemment une analyse personnelle et n’a pas vocation à refléter une vérité universelle.]

Alors que sort en salles le dernier film de Woody Allen, Wonder Wheel, ce réalisateur offre un cas d’école sur l’univers d’un auteur, « la patte d’un réalisateur ». Adoré à ses débuts pour son style si particulier (humour un brin désabusé, angoisses existentielles, …) il semble aujourd’hui conspué pour avoir maintenu coûte que coûte ce style qui lui était propre. Certains y voient une paresse d’auteur plus qu’une quelconque expression artistique.</p>

Cette critique croissante à l’encontre de Woody Allen se retrouve dans l’appréciation d’autres réalisateurs disposant eux aussi d’un style aisément identifiable : Tim Burton, Wes Anderson ou Quentin Tarantino. Tous ces réalisateurs ont la particularité d’influencer au moins partiellement le scénario de leurs œuvres.

L’une des données du problème n’est pas tant la répétition d’un style qui s’il a trouvé son public une première fois devrait arriver à le trouver à chaque fois mais dans l’utilisation de ce style. Si le propos sert l’oeuvre, nulle doute qu’il sera apprécié. Mais le réalisateur tombe parfois dans une caricature de lui-même. Les 8 salopards reprennent par bien des aspects des éléments de Quentin Tarantino. Mais là où le dosage fonctionnait dans les autres films, chaque élément échoue. Comment expliquer ce décalage ? C’est oublier qu’un film est avant tout une savante alchimie entre différents éléments (dialogue, musique, réalisation, …) Par exemple le fait d’avoir eu recours à Ennio Morricone en personne, dont les compositions ont tant inspiré Quentin Tarantino, a abouti à une partition plutôt insipide. Là où justement les autres films se démarquaient par une utilisation originale de la musique. On peut dire la même chose des derniers films de Tim Burton où le propos est parfois un copier coller de précédents films (Frankeewinie et Les Noces funèbres notamment).

Cette impression est d’ailleurs renforcée par le recours à des acteurs fétiches. En effet, on associe facilement Johnny Depp à Tim Burton. On associe aussi Owen Wilson ou Bill Murray à Wes Anderson. Samuel Lee Jackson avec Quentin Tarantino. Si la retrouvaille avec ces acteurs est sympathique, elle peut vite devenir lassante s’il ne s’agit que d’un gimmick répétitif tout au long d’une filmographie. Que dire d’ailleurs de Johnny Depp qui dévie d’une véritable performance d’acteur et se limite à une transformation loufoque ?

Finalement, un réalisateur ne doit-il pas être considéré comme un génie lorsqu’il arrive sans cesse à se renouveler ou mieux, à étrenner des œuvres diverses avec talent ? C’est peut-être pour ça que pour beaucoup, Stanley Kubrick est considéré comme l’un des plus grands réalisateurs. Son atout ? Surprendre le spectateur, qui ne demande pas à voir une chose différente présentée de la même manière, mais à voir les mêmes choses présentées de manière différente.

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