Barack Obama : huit années pour quoi ?

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(Tag – Paris, 2012)

Avec l’élection présidentielle programmée pour le 8 novembre 2016, il est temps d’effectuer un bilan de l’action de Barack Obama, comme 44e président des Etats-Unis d’Amérique.

Examiner sa Présidence pose d’emblée une difficulté particulière.

En effet, dès son entrée en campagne en 2007, Barack Obama a engendré des espoirs inconsidérés. Il faut rappeler qu’à cette époque, l’Amérique et le monde s’apprêtaient à tourner le chapitre de Georges W. Bush, chapitre débuté par les attentats de 2001 et clôturé avec la crise économique de 2008. Une grande majorité de la population n’aspirait qu’au changement. A ces attentes initiales est venu se greffer un candidat inattendu, aidé d’un parcours hors-norme et d’un talent oratoire indiscutable.

Analyser ses mandats suppose donc de faire fi des attentes et des rêves suscités, pour se consacrer au programme qui était le sien et aux réalisations qui sont à porter à son crédit. A cet égard, il convient de distinguer son action en deux volets : l’international et l’interne.

Au niveau international, forcément, Barack Obama s’est retrouvé dans une position privilégiée. Sa principale mission consistait à faire oublier son prédécesseur – tâche plutôt facile vu son niveau de détestation. Résultat, en tranchant rapidement avec l’unilatéralisme affiché de Georges W. Bush, Barack Obama a gagné de nombreux points. Mieux, sa politique de la main tendue à l’égard du monde arabo-musulman avec le discours du Caire et envers la Russie avec le programme RESET lui a permis de décrocher dès 2009 un Prix Nobel de la Paix.

Force est de constater que l’Europe a pâti du retour en grâce des Etats-Unis sur la scène internationale et de leur désintérêt soudain pour le vieux continent. La conférence de Copenhague de 2009 illustre particulièrement cette mise à l’écart puisque Américains et Chinois se sont entendus pour élaborer une déclaration, que l’Europe a dû accepter. Pourtant, ce quasi-dédain n’a jamais atteint la popularité de Barack Obama en Europe, qui a toujours côtoyé des sommets.

Pour autant, à part les rapprochements avec Cuba et l’Iran à mettre effectivement à son crédit et qui auraient peut-être pu lui valoir alors un tel Prix, le reste de son action est bien éloigné du Prix qui lui fut octroyé bien trop rapidement.

Les trop nombreux discours ne doivent ni ne peuvent effacer ses trop nombreux échecs sur la scène internationale. A cet égard, le conflit israélo-palestinien ou la guerre en Syrie sont symptomatiques d’une Présidence amoureuse du verbe et trop souvent incapable d’intervenir, ne serait-ce que comme médiateur.

Par ailleurs, à rebours des promesses faites, Barack Obama n’a pas fermé le camp de Guantanamo et a poursuivi à l’excès les attaques de drones, accroissant d’autant le nombre de victimes collatérales. De manière plus anecdotique, le recours à la phrase « justice a été rendue » après avoir tué Oussama Ben Laden dénote une conception bien restrictive du mot justice.

Au niveau interne, la désillusion est encore plus grande. Certes, l’économie américaine se porte bien. Mais, la contribution de Barack Obama semble bien modeste sur ce point.

Sur le plan social, ce n’est guère mieux. La réforme de santé votée d’extrême justesse en 2010 n’en finit plus de rencontrer des difficultés. Le Président paie d’avoir voulu ménager les sensibilités des réticents, en acceptant un compromis bancal. Quant à l’extension du mariage aux couples de même sexe, c’est la Cour suprême qui doit être félicitée de cette avancée.

Le pire est certainement que c’est durant sa Présidence, qui devait, d’après certains, marquer l’entrée de l’Amérique dans l’ère post-raciale, que la question du traitement des minorités se sera posée avec le plus d’acuité.

De 2008 à 2016, Barack Obama aura marqué le monde de ses paroles, moins de ses actes. Pourtant, avec le temps, les premières s’envolent et seuls restent les seconds.
Comment résumer alors ces huit années ? L’impression d’une belle parenthèse qui se referme, après avoir laissé trois points de suspension.


Sur ce thème, lire aussi Trump : au nom des autres et Trump : une chance pour l’Europe ?

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