L’échec prévisible des antennes des Musées parisiens

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(Oeuvre murale – Rio de Janeiro, Brésil – 2016)

Une bonne idée à l’origine, un semi-échec à l’arrivée, une catastrophe en devenir voilà comment pourraient se résumer l’extension de deux grands musées à des sites situés en province.

Passées l’euphorie de leur lancement, les deux antennes ont accusés de sévères baisses de fréquentations. La situation est bien plus dramatique à Metz puisque le musée a été inauguré plus tôt.

Ces musées souffrent principalement de l’absence de collection permanente. Pourtant, leurs musées d’origine, le Louvre et le Centre Pompidou, possèdent chacun dans leur domaine deux des plus grandes collections au monde. Or, loin d’offrir à ces antennes une partie de leurs vitrines, ils préfèrent accumuler dans leurs réserves inaccessibles au public leur trop-plein d’oeuvres. Est-ce un problème de coût du transport de l’oeuvre, de confiance dans l’autre structure, de temps à consacrer à un tel cheminement ?

Dans tous les cas, faute de collection digne de ce nom, il est bien difficile d’offrir au public une expérience suffisamment marquante pour revenir ou faire parler de lui. Mise à part les œuvres exposées pour l’inauguration, le musée du Centre Pompidou-Metz se caractérise depuis par des expositions temporaires de faible niveau. Que dire d’ailleurs de la régularité à laquelle le Centre ferme l’une de ses trois galeries d’exposition, alors que son tarif d’entrée est particulièrement prohibitif ? Ne serait-il pas plus judicieux qu’il possède sur l’une des trois galeries une partie de la collection permanente aujourd’hui entreposée dans les réserves du Centre Pompidou ?

Par ailleurs, la localisation de ces musées à « l’intérieur des villes » est particulièrement inefficiente. En effet, l’un comme l’autre sont situés loin des centre-villes. Pire, au lieu de pousser les gens à visiter les villes en question, le circuit entre la gare ferroviaire et le musée permet aux personnes peu curieuses de passer complètement à côté de la ville en question. Bien sûr, la curiosité aidante des visiteurs peut les conduire naturellement à profiter de la ville. Néanmoins, faute d’organisation, certains visiteurs se limitent à visiter le musée sans avoir conscience du patrimoine à leurs côtés.

Au vue de leurs coûts et de leurs ambitions d’origine, de tels projets auraient dû être mieux pensés, et devraient aujourd’hui pouvoir bénéficier des collections des musées d’origine. Le risque serait d’acter l’échec de ces structures sans jamais leur avoir donné les moyens de s’exprimer.


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