Le Bremain : tout sauf une sinécure

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(Gare Eurostar Bruxelles – 2012)

Après recherche, aucun article ne traitait des conséquences négatives d’un vote positif au référendum du 23 juin. Pourtant, le Bremain aurait été loin d’être une sinécure pour l’Europe.

Tout d’abord, il faut rappeler que les Britanniques ne sont jamais vraiment entrés de plein pied dans le projet européen. Ils ont bloqué l’avancée de nombreux politiques, privilégié l’élargissement sur l’intégration et paralysé plusieurs fois le processus institutionnel (voir ici).

Ensuite, au niveau interne, David Cameron serait sorti renforcé. Lui qui a failli couler et son parti et son pays se serait retrouvé avec des députés ayant milité ouvertement pour le « out » qui auraient cherché à rentrer dans le rang. Etrangement, si toute la campagne avait délégitimité le premier ministre britannique, un résultat positif l’aurait sublimé à nouveau.

De même, auraient été écartées, pour un certain temps, les menaces d’une dislocation du Royaume-Uni et les perspectives d’adhésion de l’Ecosse, voire de l’Irlande du Nord à l’Union européenne.

Au niveau de celle-ci, justement, les partisans d’un « Nexit » (Pays-Bas) ou « Frexit » (France) auraient argué que comme les Britanniques, leurs peuples doivent s’exprimer. Après tout, les affiches étaient déjà imprimées, prêtes à l’emploi. Un Bremain n’aurait diminué que modérément la contagion à d’autres référendums.

Par ailleurs, les demandes de David Cameron auprès de l’Union européene seraient sorties renforcer par le Bremain. Les Européens auraient été si satisfaits de les mettre en œuvre, persuadés d’avoir échappé au pire. Pour rappel, mise à part la question des allocations pour les nouveaux résidents, il n’y avait rien de vraiment bien concret (fin de l’union sans cesse plus étroite, meilleure prise compte des Parlements, reconnaissance des divers monnaies, une Europe plus compétitive).

Et là, de deux choses. Soit, ces demandes n’étaient que du vent destiné à plaire à moindre coût, et la seule restriction dans le temps des allocations aurait été mise en place. Soit, ces demandes visaient à changer radicalement le logiciel européen, et dans ce cas, l’Europe aurait difficilement survécu au Bremain.

Il n’y aurait rien eu de pire pour l’Europe qu’un Royaume-Uni sûr de lui-même et sur de son bon droit. David Cameron aurait tout fait pour transformer ce « blanc-seing » obtenu chez lui en blanc-seing de l’ensemble de l’Europe sur son projet.

En définitive, un Bremain aurait été le succès de David Cameron, pas celui de l’Europe. Dans ce cas de figure, l’Europe aurait dû affronter un Royaume-Uni toujours plus hostile à une « union sans cesse plus étroite entre les peuples européens ». Il n’est pas dit qu’à terme, cette situation aurait été préférable à un Brexit pour l’Europe.


Sur le Brexit, plusieurs articles réunis ici.

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